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Zurich et Genève – 19 février 2019

Violences en Haïti – projets d’Helvetas suspendus

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Haïti est en prise depuis la semaine dernière avec de violentes manifestations, rappelant celles de 2004 qui avaient alors poussé à l’exil l’ex-président Jean-Bertrand Aristide. La population proteste contre la corruption et les détournements dont elle accuse le gouvernement. La situation est alarmante, alors que la capitale Port-au-Prince et d’autres villes dans le pays sont la proie de pillages et de violences. Helvetas Haïti a dû suspendre la mise en œuvre des activités de ses projets.

27.2.2019: La situation en Haïti s'est maintenant calmée et tous les collaborateurs d'Helvetas en Haïti ont repris leur travail.

Helvetas est préoccupée par la sécurité de ses employés haïtiens à qui il a été demandé de rester chez eux, les déplacements en direction des zones de projets étant trop dangereux. La situation économique et politique en Haïti, déjà difficile, s’est encore aggravée dernièrement.  Fin janvier, la Cour des comptes a publié une enquête selon laquelle un prêt du Venezuela (Fonds PetroCaribe), d'un montant de deux milliards de dollars, avait été détourné par les gouvernements précédents. L'argent aurait notamment dû servir à construire des maisons, des ponts et des routes après le tremblement de terre. Or, malgré la signature de contrats, rien n'a été réalisé. L'actuel président, Jovenel Moïse, est également accusé d'enrichissement personnel. Cette accusation a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres, jetant des milliers d'Haïtiens dans les rues pour exprimer leur colère. L'opposition elle, exige la démission du président mais celui-ci veut rester en fonction. Au cours du week-end dernier, le gouvernement a promis des mesures contre la corruption et prescrit un programme d'austérité, notamment en réduisant les privilèges des hauts fonctionnaires. Il n'est pas encore possible de dire si ces annonces seront suivies d'actes.

Aucune mesure d'aide d'urgence n'est actuellement prévue, d'autant plus qu'Haïti n'a (encore) pas demandé d'aide internationale. Il est actuellement très difficile de dire comment la situation va évoluer.