De l’eau courante pour Inna Kouchnarova,
Volokhiv Iar
Au début de l’invasion russe à grande échelle, les soldats ont occupé le village de Volokhiv Iar, dans la région de Kharkiv. Inna Kouchnarova se souvient: «Dès le premier jour de l’occupation, quand les soldats russes sont arrivés dans notre village, l’électricité a été coupée. Nous avons encore eu du réseau mobile pendant un jour ou deux, puis, plus rien.»
Les quelque 800 habitant·es de Volokhiv Iar se sont retrouvé·es dans des maisons froides et plongées dans l’obscurité, craignant pour leur vie: «Nous avons mis le générateur en marche, tout doucement. Mon mari l’a caché dans le garage. Grâce à lui, nous pouvions au moins recharger nos téléphones portables et chauffer un peu la maison.»
Heureusement, cette période appartient désormais au passé. Après près de six mois, l’armée ukrainienne a libéré le village en septembre 2022. Toutefois, sans électricité ni eau, impossible de mener une vie normale, même lorsqu’on est libre. Avec le soutien d’Helvetas et de la Chaîne du Bonheur, une installation solaire a pu être mise en place et mise en service dans le village.
Cette installation assure l’approvisionnement en eau, malgré la destruction du château d’eau et les attaques ciblées contre les infrastructures électriques et énergétiques de la région de Kharkiv. Cet approvisionnement est vital pour les habitant·es: «Même en cas de bombardements et en l’absence de courant, nous avons désormais de l’eau. Les batteries et les panneaux solaires nous sauvent au quotidien», résume cette habitante de 48 ans.
Dans sa cuisine, Inna Kouchnarova prépare du thé. Non sans fierté, elle confie: «Ce thé contient notre propre miel.» Le thé réchauffe au milieu du froid glacial de cette fin janvier. Sans l’aide de la Suisse, Inna Kouchnarova n’aurait pas la possibilité de se préparer une tasse de thé. Ce geste, si normal ailleurs, représente ici un peu de sécurité retrouvée en temps de guerre.
Une maison bien chauffée pour la famille Zayka, Mochtchoun
Peu après le début de la guerre d’agression, la famille Zayka a dû fuir son village de Mochtchoun, situé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Kyiv. Les deux maisons qui se trouvaient sur leur terrain ont été détruites par l’armée russe lors des combats. Grâce à des soutiens, les Zayka ont pu reconstruire leur maison familiale.
La famille a pu retourner dans sa maison, où elle estaujourd’hui bien protégée, même en hiver, particulièrement rigoureux cette anné, avec des températures descendant jusqu’à -25 degrés. Cela a été possible grâce à l’isolation complète du bâtiment, financée par Helvetas et la Chaîne du Bonheur. «Grâce à cette aide, nous ne chauffons plus qu’une fois par jour, et il fait maintenant beaucoup plus chaud dans la maison», se réjouit Volodymyr, le père. De nouvelles portes ont également pu être installées grâce à Helvetas.
Pendant que Volodymyr coupe du bois de chauffage dans la remise devant la nouvelle construction, son fils Nasar, presque quatre ans, court dans la neige. Nasar appartient à la jeune génération ukrainienne qui n’a aucun souvenir d’une vie sans guerre. Pour lui et ses quatre sœurs, les parents espèrent pouvoir agrandir le deuxième étage de la maison l’été prochain. Jusqu’à présent, ils n’avaient pas les moyens de le faire. Pour l’instant, les parents et leurs cinq enfants se partagent trois pièces au rez-de-chaussée.
Même si les violents combats autour de Mochtchoun remontent à quatre ans, les traces de la guerre sont omniprésentes. Volodymyr a trouvé un éclat d’obus dans une bûche. Derrière la nouvelle maison se trouvent encore les ruines de la deuxième habitation, où vivait la grand-mère de la famille. Elle est toujours portée disparue à ce jour. «On vit sans rien planifier», explique Volodymyr. «Quand on se réveille le matin, on est reconnaissant d’être encore en vie.»
Une activité motivante pour Anastasiia Klymenko, Hermanivka
À une soixantaine de kilomètres au sud de Kyiv se trouve le village d’Hermanivka, niché au milieu de collines. C’est ici qu’Anastasiia Klymenko a grandi, et c’est ici qu’elle est revenue plus tard avec sa propre famille. Après le début de l’offensive russe à grande échelle, cette femme de 41 ans s’est mise à son compte et a lancé sa propre marque de vêtements. «En 2022, je voulais m’engager dans l’armée, mais je n’ai pas été acceptée», raconte-t-elle. Elle s’est alors engagée comme volontaire et a vu combien de personnes revenaient de la guerre amputées. «C’est ainsi qu’est née l’idée de concevoir des vêtements confortables pour elles.»
Avec une prothèse de bras ou de jambe, les gestes les plus simples se transforme en défi: les fermetures éclair, les boutons ou les coupes trop étroites rendent les vêtements ordinaires impossibles à porter. C’est pourquoi Anastasiia Klymenko crée des pièces fonctionnelles qui facilitent l’autonomie. «Quand on peut s’habiller vite et sans aide, on se sent aussi plus fort émotionnellement. C’est particulièrement important pour les vétérans et les vétéranes. Le message de mes vêtements est: vous faites pleinement partie de notre société.»
Les petites et moyennes entreprises forment l’épine dorsale de l’économie ukrainienne et jouent un rôle clé dans la reconstruction. Helvetas encourage de manière ciblée la résilience des micro, petites et moyennes entreprises, contribuant ainsi à créer des emplois et à renforcer l’économie locale.
Anastasiia Klymenko est un exemple concret: grâce au soutien d’Helvetas, elle a pu investir dans du matériel de couture moderne et suivre une formation continue. Aujourd’hui, elle déclare: «C’est la mission de ma vie.» Elle est particulièrement heureuse lorsque ses client·es se sentent bien dans ses vêtements. À l’avenir, elle souhaite également employer des personnes avec handicap et ainsi renforcer son engagement en faveur de la société.
