« Pour devenir un entrepreneur, il faut suivre sa propre passion »

Alima Zagré était comptable mais rêvait de démarrer sa propre activité. Finalement elle a trouvé le courage de se lancer dans la transformation de la volaille : un business à succès qui se développe grâce à l’appui du PAPEA.
PAR: Josaphat Compaoré – 30 juillet 2021

« Je suis fière parce que je fais vraiment ce que j’aime, j’adore le domaine de l’agroalimentaire, et j’arrive à employer des personnes ; c’est tellement passionnant » dit Alima Zagré, promotrice de la charcuterie « LA VOLAILLE DU FASO » une entreprise qui évolue dans la transformation de volaille.

Même si c'était un rêve qu'elle nourrissait depuis l'enfance, Alima a occupé des postes de responsabilité dans des structures de la place avant de créer de son entreprise. Titulaire d’un Master en fiscalité, elle a d’abord travaillé avec des Organisations Non Gouvernementales (ONG), puis commercialisé des poulets avec une amie. C’est à ce moment qu’elle s’est rendue compte que le domaine de la volaille était vraiment une bonne opportunité. « Je me suis lancée dans cette nouvelle aventure mais je n’arrivais pas à satisfaire mes clients parce que je devais partager mon temps entre mon travail à l’ONG et mon commerce. C’est ainsi que j’ai décidé de me consacrer à plein temps à mon business. J’ai ma propre entreprise il y a maintenant 6 ans ». Relate Alima.

Affectueusement appelé ‘‘Alima poulet’’, Alima produit, transforme et commercialise des poulets, des pintades, des lapins. Une innovation qui lui procure une gamme diversifiée de clients : hôtels, restaurants, des grossistes. Elle dispose même d’un espace pour la consommation directe et livre ses produits à l’étranger.

Aujourd’hui, Alima emploie huit personnes, dispose d’un local assez bien équipé et vend en moyenne une centaine de poulets par jour. Pour atteindre ces résultats, la promotrice s’est formée dans le domaine de la transformation pour être mieux outiller et proposer différentes recettes.

Alima renforce ses capacités et recherches de nouvelles opportunités

« Je suis toujours à la recherche d’opportunités pour approfondir mes connaissances et développer mon activité, ainsi je participe à des activités d’informations, des foires et des partages d’expériences ».

Pour cela Alima est devenu membre du cluster (grappe d’entreprises) volaille, soutenu par le Programme d’Appui à la Promotion de l’Entrepreneuriat Agricole (PAPEA). « J’ai bénéficié de plusieurs formations en gestion, en marketing et maintenant j’arrive à mieux gérer ma structure, à conquérir d’autres marchés ». Affirme-t-elle. Alima a aussi assisté à des rencontres d’affaires organisées par le programme. Le but est d’amener des acteurs de la filière volaille à identifier les difficultés qu’ils rencontrent et proposer des actions pour améliorer leur domaine d’activité afin de profiter au maximum des opportunités d’affaires que présente ladite filière. Pour Alima, ces rencontres ont été une aubaine à saisir, elle a pu rencontrer de potentiels fournisseurs et même des clients, ce qui lui a permis de gagner en termes de visibilité. En effet, lors de ces rencontres, la charcutière a découvert l’entreprise BURKINA ECOLO TECH  avec laquelle ils sont en relation de partenariat.

Le PAPEA applique une approche systémique qui consiste à encourager les grappes d’entreprises à collaborer pour identifier les difficultés et les opportunités de marché. Ceci dans le but d’arriver à élaborer des stratégies commerciales collectives pour résoudre les problèmes et augmenter les chances de développement. En savoir plus sur le PAPEA

 

Alima s'implique dans la transformation aux cotés de ses employés
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Des merguez à base de poulets produites par Alima
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Alima produit une gamme diversifiée de produits comme des saucisses, des poulets et pintades fumés 
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« L’initiative est vraiment louable, bénéfique et intéressante, le programme arrive à concilier les acteurs de toute la chaine de production pour les mettre en réseau. On arrive à faire des affaires ensemble et j’apprécie vraiment »

Alima Zagré, Promotrice de "La volaille du Faso"

L’activité de Alima n’est pas sans obstacle, elle est confrontée souvent à des difficultés financières ce qui réduit ses capacités en équipement. « Le travil est manuel, ce qui reduit notre productivité. J’ai besoin d’une chambre froide pour pouvoir explorer d’autres clients comme les entreprises minières et du matériel approprié à la transformation ». En plus, la charcutière n’arrive pas à bénéficier de formation certifiante ici au Burkina et n’arrive pas à trouver un personnel qualifié en matière de transformation de la volaille.  Cependant, pour venir à bout de ces difficultés, Alima sait prioriser les plus urgents et surtout elle réinvestit ses recettes. Elle peut compter sur les relations d’affaires qu’elle entretient avec des entreprises de microfinances.

Alima ne compte pas s'arreter de si bon chemin

Déterminée et endurante, ‘’Alima poulet’’ souhaite dans les années à venir ouvrir des filiales dans toutes les villes du pays. Elle ambitionne qu’au-delà des livraisons qu’elle effectue déjà dans certains pays voisins, elle s’y installe pour conquérir le marché international. Elle envisage aussi se perfectionner dans ce qu’elle fait c’est-à-dire produire plus de recettes dérivées de la volaille et proposer d’autres mets.

La dame entrepreneure soucieuse de l’avenir des ses jeunes frères et sœurs, invite la jeunesse à ne pas suivre la tendance et être dispersée. Dans ce sens elle lance un cri de cœur : « Chers cadets, soyez d’abord convaincus de ce que vous voulez, rêvez grand mais ne faites pas tout à la fois et surtout travaillez car le succès est tout au bout de l’effort ».

 

Elle instruit son personnel pour un travail bien fait
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Elle sait accueillir et fidéliser ses clients
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