© Helvetas/M.Magawata

Covid-19: Au Niger la sensibilisation est en marche

Helvetas et ses partenaires s'engagent à diffuser les informations sur le Corona virus auprès des éleveurs
PAR: Moumouni Magawata – 15 juin 2020
© Helvetas/M.Magawata

Au Niger de nombreux éleveurs sont toujours à la recherche des pâturages et des points d’eau pour leurs animaux. Ils arrivent aussi des pays voisins comme le Nigéria et le Bénin. Malgré les dispositifs mis en place par les différents pays pour dépister des personnes présentant des symptômes de la Covid 19 en vue de leur prise en charge, les éleveurs transhumants échappent parfois aux contrôles, car les frontières ne peuvent pas être contrôlées en totalité. En plus, les populations nomades n’ont pas un accès facile aux réseaux sociaux, (WhatsApp, Facebook …) et d’autres sources d’informations comme la télévision et la radio, couramment utilisés pour informer et sensibiliser les populations sur le Corona virus. De ce fait, ces éleveurs transhumants peuvent être des agents de propagation de la maladie, tout comme ils peuvent être contaminées, s’ils ne sont pas sensibilisés sur les mesures de prévention.

Pour toutes ces raisons, Helvetas a identifié les populations nomades comme une de ses cibles prioritaires dans son plan de réponse à la Covid 19.

© Helvetas/M.Magawata
© Helvetas/M.Magawata
1/3
© Helvetas/M.Magawata
© Helvetas/M.Magawata
2/3
© Helvetas/M.Magawata
© Helvetas/M.Magawata
3/3

Quelle est l'approche la plus efficace ?

Les premiers défis qu’on rencontre dans cette activité est de savoir où trouver ces populations nomades, surtout en cette période de l’année, caractérisée par une forte mobilité des animaux. Ensuite avec quelle approche de communication, faut-il les sensibiliser ?

La plupart des éleveurs n’habitent pas dans un campement. Ils se déplacent avec leurs animaux, donc les animateurs doivent les chercher sur les sites stratégiques : les couloirs de transhumance, les mares, les puits pastoraux, les aires de pâturage et aires de repos des animaux, les marchés fréquentés par les éleveurs (notamment lieux de vente de lait, de bétail et des produits vétérinaires).

Dès que les animateurs rejoignent les éleveurs, ils cherchent d’abord à les mettre en confiance. Ils s’emploient à trouver des centres d’intérêt communs, notamment à demander à l’éleveur où est ce qu’il trouve les pâturages, les sources d’eau pour ses animaux ? L’animateur lui explique par exemple que notre projet réalise des points d’eau pastoraux pour trouver de l’eau aux animaux et soulager les souffrances des éleveurs. A ce niveau, l’éleveur trouve un intérêt à la discussion !

Par la suite, l’animateur commence à demander si l’éleveur est informé de l’existence du Covid 19 ? Où est ce qu’il a entendu parler de cette maladie ? Pour ceux qui sont informés de l’existence de la maladie, l’animateur les invite à citer les mesures de prévention qu’ils connaissent. Généralement, l’éleveur évoque « le lavage des mains au savon » comme mesure de prévention et « l’interdiction des prières collectives pour éviter les attroupements » qui peuvent favoriser la propagation de la maladie.

Cette évaluation du niveau de connaissance de la maladie et des mesures de prévention est donc un préalable avant le début de la sensibilisation, parce qu’elle permet à l’animateur d’apprécier les efforts qu’il doit déployer et surtout de comprendre quelle est approche la plus appropriée pour transmettre les messages.En ce qui concerne les éleveurs qui n'ont pas d'informations, l'animateur doit tout d'abord les convaincre de l’existence de la maladie, et ensuit les exhorter à respecter les gestes barrières pour leur protection personnelle et celle des autres membres de leurs communautés.

 

© Helvetas/M.Magawata
© Helvetas/M.Magawata
1/3
© Helvetas/M.Magawata
© Helvetas/M.Magawata
2/3
© Helvetas/M.Magawata
© Helvetas/M.Magawata
3/3

Connaître le contexte et inscrire les mesures de prévention dans la durée

Après le travail des animateurs, la sensibilisation pour la prévention du Covid 19 se poursuit par des relais communautaires, choisis par les éleveurs eux-mêmes. Ces relais sont formés et équipés en supports de communication, principalement des affiches illustratives sur les mesures de prévention et les dispositions à prendre en cas d’apparition des symptômes de la maladie, notamment se rendre dans le Centre de santé le plus proche.

Pour réussir dans le travail de sensibilisation des éleveurs, il est indispensable de bien connaître le contexte. Helvetas Niger et les ONGs partenaires du projet PHRASEA, financé par la Coopération suisse, travaillent depuis longtemps sur la réalisation des puits pastoraux en vue de faciliter l’accès une eau potable aux éleveurs et à leurs animaux. Ces puits  destinés aux éleveurs, leur évitent d’aller chercher de l’eau dans les villages d’agriculteurs. De ce fait, beaucoup de conflits intercommunautaires ont pu être évités. Cette connaissance du monde des éleveurs, acquise au cours des années de travail, a facilité les activités de sensibilisation sur le Corona virus.