Dans le nord de Madagascar, notamment dans le district d’Ambanja, l'accès à des installations sanitaires adéquates a longtemps été un problème critique. La majorité de la population est habituée à déféquer près des rivières, dans les forêts ou dans les champs en raison du manque de latrines. Cette pratique répandue a favorisé la propagation de maladies telles que la diarrhée et la typhoïde, impactant gravement la santé et le bien-être de la communauté.
Une femme qui a particulièrement ressenti le poids de ces défis est Mme Irène Volasoa, une mère de famille de 52 ans vivant dans la commune rurale d’Ambalahonko. Pendant des années, comme la plupart de ses voisins, elle et sa famille n'avaient d'autre choix que d'utiliser les champs et forêts environnants comme toilettes. Cette pratique était non seulement peu pratique mais aussi profondément humiliante. « Il n’y avait aucune intimité », se souvient Mme Irène. Pour éviter d’être vue, sa famille devait y aller tôt le matin ou tard le soir. Elle craignait souvent d’être surprise par les propriétaires des terrains, qui pourraient les réprimander ou même porter plainte.
Cette situation inconfortable et dangereuse a poussé Mme Irène à rêver d'avoir une latrine décente pour sa famille. Elle enviait ceux de son village qui avaient réussi à en construire une, mais malheureusement, elle n’avait pas les moyens financiers pour le faire.
Cependant, Mme Irène fait partie de « GEC Mahavonjy », un Groupe d'Épargne Communautaire (GEC) à Ambalahonko. Ces groupes réunissent environ 30 familles qui mettent en commun leurs économies, leur permettant d'emprunter de l'argent pour des projets personnels. Conscient de l'urgence d'améliorer les conditions sanitaires, Helvetas, à travers son programme RATSANTANANA, a encouragé les GEC à commencer à épargner spécifiquement pour la construction de latrines.
Inspiré par cette initiative, le GEC Mahavonjy a décidé d'agir. Après deux ans d'économies régulières, le groupe a accumulé suffisamment de fonds pour que chaque membre puisse financer la construction de sa propre latrine. Pour Mme Irène, c'était un rêve devenu réalité. Grâce au soutien financier de son groupe d'épargne, elle a finalement pu construire une latrine pour sa famille.
Ce simple changement mais essentiel à son foyer a profondément transformé leur vie. Mme Irène n'a plus à s'inquiéter pour la sécurité et l'intimité de sa famille, surtout la nuit. Ils ont maintenant un endroit sûr, propre et privé pour faire leurs besoins. « J’ai plus de temps pour me concentrer sur mes études le matin », déclare sa fille, qui se prépare à passer son baccalauréat cette année.
L'impact de ce petit changement, mais néanmoins significatif, est évident. Non seulement il a amélioré la vie quotidienne de Mme Irène et de sa famille, mais il a également inspiré d'autres membres de la communauté. Le succès du GEC Mahavonjy montre qu'avec le bon soutien et un effort collectif, même les besoins les plus basiques peuvent être satisfaits, menant à une vie plus saine et plus digne pour tous les membres impliqués.
