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De l'eau... pour se nourrir

Une agriculture assoiffée


La plupart des pays Sud sont principalement agricoles. Nombre d’entre eux se situent dans des zones climatiques à faible pluviosité, où l’agriculture pluviale n'est possible que de façon limitée. A cause de techniques d’irrigation inadaptées et peu efficaces, un grand volume d’eau est gaspillé. Dans les pays du Sud, jusqu’à 80% de l’eau douce est utilisée pour arroser les champs, alors qu'en Suisse, ce pourcentage n'est que de 12%.

 

Zones d'ombre de la Révolution verte
La «Révolution verte» des années 1960 a largement contribué à l’augmentation dramatique de la consommation d’eau dans l’agriculture : l’introduction de variétés à plus haut rendement (mais plus exigeantes en eau), la propagation de technologies modernes de pompage, ainsi que la diffusion de monocultures (comme le coton) ont entraîné une hausse massive de la consommation de ressources hydriques, L’industrialisation de l’agriculture a supplanté les modes traditionnels d’utilisation de l’eau.

La soi-disant supériorité des „solutions“ technologiques modernes a eu pour conséquences une approche à court terme et sans considération pour les ressources hydriques. Les eaux souterraines ont été pompées, les fleuves déviés et de gigantesques barrages érigés. De grandes surfaces agricoles ont été inondées, ce qui a conduit à une sédimentation des substances minérales et à une salinisation des sols.

Les dégâts de la „Révolution verte“ sont difficilement réversibles. Durant des décennies encore, l’agriculture en sera marquée et la vie sera plus difficile dans des endroits qui étaient encore exceptionnellement fertiles il y a peu.

L'empoisonnement de l'eau
L’agriculture, en particulier industrielle – et l’utilisation massive de pesticides et d’engrais – menace les réserves d’eau de la terre, d’un point de vue quantitatif et qualitatif. Les eaux de pluie ou d’irrigation „lavent“ une partie des produits agrochimiques que les plantes et les champs contiennent, mais quand ces eaux s’infiltrent dans le sol, les pesticides et les engrais intègrent le cycle de l’eau et empoisonnent la nappe phréatique. Donc l’eau destinée à être bue.

Parcimonie et efficacité
Malgré tous ces aspects négatifs, l’abandon de l’agriculture irriguée ne constitue pas une alternative envisageable. En raison de la croissance démographique et des changements climatiques, l’humanité continue de  dépendre de l’agriculture irriguée. Selon toutes les prévisions, les surfaces irriguées vont encore s’étendre, non seulement dans les pays en développement mais aussi dans les pays industrialisés et en particulier dans les pays émergents.

Pour l’heure, il s’agit d’optimaliser l’irrigation dans l’agriculture. Des modes d’utilisation parcimonieuses et écologiques doivent se développer (par ex. l’irrigation goutte à goutte). Les méthodes de culture et les variétés de plantes doivent à nouveau être adaptées aux contextes, comme le faisaient déjà les paysans avant le triomphe de la „Révolution verte“.

Ce que fait Helvetas
Dans ses projets agricoles, dans le cadre des formations qu'elle organise (dans un contexte privé ou étatique), ou encore dans des cycles de formation continue, Helvetas apporte les bases d’une agriculture écologique adaptée et des méthodes d’irrigation efficientes. Helvetas encourage la réappropriation et le développement d’anciens savoirs. Pour améliorer la capacité d'absorption des sols, Helvetas privilégie le reboisement et la préservation des forêts existantes.
Documents d'Helvetas


 


Autres documents et liens
  • Communauté de pratique (CoP) " Water for food " (De l'eau pour se nourrir ")
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