démêler à leur façon les fils de l’histoire. Cette clownerie éclaire le colonialisme en inversant les rôles, en donnant le pouvoir à l’Africain. Les confrontations passées et actuelles entre l’Europe et le continent noir font vaciller les deux interprètes. Dans la réalisation riche en métaphores du metteur en scène suisse Ueli Bichsel, les clowns soulignent le ridicule de la situation à la façon de Beckett. Par le rire, le public est invité à s’interroger sur les mécanismes absurdes du système colonial. L’acteur burkinabé Yra Siaka caricature avec élégance les attitudes du patron et, pour son plus grand plaisir, fait danser et transpirer le nègre blanc incarné par l’acteur suisse Roger Nydegger qui «souffle comme un phoque dans sa fonction d’underdog épousseteur (Monique Burri, TA 17.05.09).
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